Évènement Laduz

Été 2015

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14 x 20,5 cm copie

Exposition « Passeur d’images »

Histoire et technique de la peinture sous verre

« Fixés sous verre » de Jacqueline Humbert

Du 27 Juin au 13 Septembre 2015

Jours et horaires du Musée

Le vernissage a lieu Samedi 27 Juin 2015 de 17 à 20 heures

Visite sur demande de l’atelier de « fixés sous verre par Jacqueline Humbert.

J’ai découvert les fixés sous verre du Musée des Arts et Traditions Populaires de Rome pendant notre séjour à la Villa Médicis entre 1958 et 1961. J’ai regardé avec attention ces peintures naïves à l’éclat particulier.

La curiosité d’en comprendre la technique fut le départ de mes propres fixés dont les sujets sont souvent proches de mon environnement.

Les couleurs utilisées sont des pigments liés à la colle.

Quelques expositions de fixés sous verre

  • Paris, Galerie Caroline Corre  “Les anges“ 
  • Morges (Suisse),  Galerie Pro Arte – 1994
  • Dieppe, Musée Château  “Avez-vous vu les sirènes » – 1995
  • Paris, Galerie Bénézit expositions personnelles de 1973 à 1984
  • Auxerre, Bibliothèque Jacques Lacarrière, du 10 mars au 21 avril 2012.

Les “ Fixés “ sous verre

Dès le XVIIIè siècle, les peintures sous verre ou “ fixés “ sont réalisées par des artisans/paysans. Cette forme d’expression populaire dura un peu plus d’un siècle.

Au début du XIXè, la peinture sous verre s’est pratiquée et colportée sur un vaste territoire européen : la Bavière, la Bohème, l’Autriche, la Forêt-Noire et l’Alsace puis elle gagna la Suisse, les Pays Slaves, l’Italie et l’Espagne.

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A travers ces petits tableaux, les artisans exprimaient leur vision du monde réel face au monde imaginaire. Les sujets, très souvent religieux, avaient un pouvoir protecteur. D’autres, moins nombreux par leurs thèmes profanes, représentaient des scènes mythologiques. Ces peintures sous verre aux couleurs vives, au dessin simple et naïf étaient pour la plupart entourées avec symétrie, d’une ornementation florale stylisée ou de rideaux ondulants.

D’une facture très personnelle, ces peintures paysannes, ne peuvent s’apparenter à aucun style conventionnel. C’est pourquoi elles ont intéressé le groupe des peintres de Munich, précurseurs de l’art moderne. En Juillet 1911, Franz Marc et Kandinski éditaient un catalogue “ Le Cavalier Bleu “ qui reproduira six peintures sous verre et fera découvrir cet art populaire au grand public.

La peinture sous verre se développa à proximité des verreries. Comme support à leurs oeuvres, les artisans utilisaient des petites plaques de verre coulé. Selon leurs façons de faire, on reconnaîtra la diversité des ateliers.

Sur les murs blanchis à la chaux, étagées sur plusieurs lignes dont les cadres se touchaient , les peintures devenaient de grands livres d’images pieuses aux couleurs lumineuses qu’accentuait l’éclat du verre. Dans ces humbles maisons rurales aux meubles peints, régnait une certaine préciosité par le simple sens artistique de leurs habitants.

Technique

La technique  de la peinture sous verre consiste à peindre à l’arrière du verre. L’image sera regardée sur l’autre face. Au pinceau fin, l’artisan commençait le contour des sujets d’après un  modèle  inspiré de gravures anciennes. Celui-ci, glissé sous le verre, guidait le peintre dans l’exécution de son oeuvre.

L’artisan continuait par les détails, c’est à dire tout ce qui viendra en avant, une fois le verre retourné. Il finissait par le fond. Le modèle était travaillé d’une façon naïve pleine de fraîcheur et les couleurs employées avaient leur secret de fabrication transmis de père en fils. Les pigments  liés à de la colle de poisson avaient une bonne adhérence au verre.

Ensuite on réalisait les fonds avec des couleurs couvrantes ou du papier d’argent, plus rarement à la feuille d’or – procédé réservé aux pièces de facture “ savante “ – la difficulté de ce travail inversé consistait à prévoir la réalisation définitive avant son exécution car aucune erreur n’était possible. Cette technique permettait de multiplier le même dessin et  y adjoindre quelques variantes. Sous l’apparente spontanéité  de l’oeuvre, se cachait une grande pratique de cette technique bien particulière.

Afin d’être transportées par les colporteurs, ces images fragiles étaient protégées par un cadre dont le dos était muni d’une planchette fixée par de pointes en bois. Ces porteurs de verre étaient chargés de lourdes hottes, sortes de petites armoires remplies de verre, de chapeaux de paille, d’horloges, de violons, de quincaillerie … Ils allaient à pied par monts et par vaux et effectuaient de très longs trajets en faisant du porte à porte afin d’écouler leur précieux chargement. Ils se rendaient aussi sur les marchés et sur les lieux de pèlerinage. A la fin du XIXè siècle, cette forme d’art populaire disparaîtra complètement.

Quelques peintres contemporains s’intéressent à cette technique de la peinture sous verre et l’adaptent à de nouvelles matières, à de nouvelles formes d’expressions. —J. H

Curriculum vitae de Jacqueline Humbert

  • Née en 1937 à Dijon
  • Vit et travaille à la campagne dans sa maison/musée de Laduz
  • Ecole des Beaux-Arts de Paris – 1955 à 1958
  • Réalise des peintures au pochoir et des fixés sous verre depuis les années soixante.

EXPOSITIONS PERSONNELLES

  • Paris, Galerie Maison des Beaux-Arts, 1963 – 1965
  • Paris, Galerie Dumay, 1966-1967 – 1968-1969
  • Lille, Galerie Art Populaire – 1968
  • Paris, Galerie Bénézit, 1973-1975-1984
  • Lyon, Galerie Saint Dominique – 1977 – 1983
  • Morges ( Suisse ) Galerie Pro Arte 1994
  • Auxerre, Bibliothèque Jacques Lacarrière – 2012

Expositions collectives à thèmes

  • Paris, Galerie Séraphine, Bouquet de mariée, 1969
  • Paris, Galerie Naïfs et primitifs
  • Paris, Galerie Bénézit, Le chat, le cirque, les jouets  de 1973 à 1985
  • Paris, Musée des Arts décoratifs, Les Métiers de l’Art,1980
  • Cologne et Munich, Musée des Arts Décoratifs, Les Métiers de l’Art, 1981
  • Dieppe, Musée Château, avez-vous vu les sirènes 1995
  • Paris, Galerie Caroline Corre, Les anges 1995
  • Paris, Halle Saint Pierre, Passeurs de lumière, fixés anciens et contemporains 1996
  • Montauban, Musée Ingres, Petites mémoires pour demain, 1999
  • Pau, Musée des Beaux-Arts, Petites mémoires pour demain, 1999